L’apocalypse et le monde d’avant

Une époque troublée.

En fait, tout a commencé il y a 150 ans environ, en un temps où notre Terre était bien différente de ce que nous apprennent nos senseurs.

A cette époque, la population humaine était d’environ 9 milliards d’individus et les contraintes imposées au milieu naturel par son activité conduisirent à l’arrivée rapide, au niveau géologique, d’une aire glaciaire. Peu à peu, la Terre se couvrit d’une calotte de glace et de fortes perturbations climatiques apparurent. Il en résulta une réduction progressive des espaces propices à la vie et, de fait, une raréfaction des ressources. Ces évolutions de notre mode de vie aboutirent à l’émergence de troubles géopolitiques au niveau mondial. Ce fut une période de grande instabilité qui vit apparaître un peu partout des luttes d’influence. Un conflit global pour le contrôle des ressources et la survie couvait.

Un nouvel espoir.

Durant l’année 2111 , lors de la conférence de Kyoto, un scientifique japonais, le professeur Kyoufou GYAKUTEN, alors à la tête d’une équipe multidisciplinaire constituée de géologues, climatologues, psychologues, mathématiciens, probabilistes et géopoliticiens, présenta les résultats d’une analyse en trois parties qui devait donner un nouvel espoir à l’humanité.

La première partie était une étude du climat mettant en évidence une accélération du processus de glaciation et indiquant ses conséquences : réduction statistique et datée des espaces habitables, modifications climatiques, évolution de la production mondiale en énergie et ressources.

La seconde partie de l’étude portait sur l’influence et les conséquences d’une telle situation sur le contexte géopolitique mondial : annexion des zones habitables et à fort potentiel de ressources par les superpuissances, conflits armés par puissances interposées, puis affrontements ouverts entre superpuissances.

La troisième partie proposait des solutions techniques et idéologiques pour enrayer cette évolution et ses conséquences.

Bien que très alarmiste, cette étude fit sensation dans le monde scientifique car elle avait établi avec précision un calendrier d’évènements. Ces résultats avaient été rendus possibles par les travaux du professeur GYAKUTEN, qui avait su établir des lois probabilistes appliquées à l’évolution de la planète et au comportement humain.

En fait, ces travaux rencontrèrent un tel succès que l’on proposa rapidement au vieil homme de mettre en œuvre ses théories. Ainsi naquit l’International Scientific Council ou I.S.C. et Kyoufou GYAKUTEN en fut nommé directeur.

Afin de ne pas profiter à un seul état, la création de l’I.S.C fut appuyée et financée par l’ONU, avec pour dessein de mettre en œuvre les solutions proposées par les travaux du professeur et de son équipe. Le but de cette entreprise était de faire de l’I.S.C un outil au service des objectifs de l’Organisation des Nations Unis : le maintien de la paix et l’arbitrage des conflits internationaux.

C’est ainsi que les plus brillants cerveaux de l’époque se virent confiés des travaux entrant tous dans un plan plus vaste :

  • Guofinna BJARNADOTTIR fut nommée directrice du Deep Drilling Project (D.D.P) en vue du l’exploration de nouvelles énergies.
  • Alexandra ZIDOVSKA pris les rênes du Material Research Lab (M.R.L) pour le développement de matériaux alternatifs (ersatz).
  • Mark POST s’attaqua à la mise en place de techniques de cultures agricoles alternatives via le projet Food In Tubes (F.I.T).
  • Amelia CHANG pris la tête du Biomedical Cybernetics Group (B.C.G) qui devait conduire à l’avènement de la cybernétique.
  • Hugo DE GARIS dirigea le Brain Builder Group (B.B.G) et entama la création de l’Intelligence Artificielle appelée N.O.E.
  • Enfin, le professeur Len A. PENNACCHIO pris en charge la recherche génétique via le Joint Genome Project (J.G.P).

En parallèle des études lancées, le professeur GYAKUTEN fit réaliser sur chaque continent, plusieurs laboratoires souterrains auto-suffisants, destinés à être coordonnés entre eux par l’IA qui devaient être mise au point.

Son objectif était de rassembler les hommes et les femmes de l’I.S.C dans des « temples » dédiés à la science, où ils pourraient travailler dans les meilleures conditions, loin de la guerre, des tensions et des pressions de toute sorte.

Les lieux de construction furent choisis avec soin, dans des zones à faible densité de population, mais tous eurent en commun de profiter de sources d’eau potable et de vastes grottes naturelles. Il fallait absolument leur garantir le maximum d’autonomie pour exister et expérimenter.

Des résultats encourageants.

Après plusieurs années de travaux et d’importants investissements, l’Intelligence Artificielle baptisée N.O.E vit le jour.

Cette IA fut créée et programmée pour coordonner, orienter et partager les travaux des différents L.A.B. dans un souci d’efficience.

A partir de cet instant, les progrès réalisés par l’I.S.C furent énormes, particulièrement pour les phases d’industrialisation et la mise en application des concepts développés.

Sous le contrôle et l’impulsion de N.O.E le projet A.B.R.I – Automated Base for Research and Improvement – fut lancé. Ainsi, dans tous les pays à travers le monde, apparurent des laboratoire-usines entièrement automatisés. Ces A.B.R.I.s permirent à l’I.S.C de produire, en dehors de tout contrôle gouvernemental et sous la protection de l’ONU, les résultats de ses découvertes et avancées.

Loin de régler l’ensemble des problèmes de l’espèce humaine, le projet A.B.R.I donna néanmoins un répit à l’humanité, posa les bases des développements futurs et renforça la légitimité de l’organe scientifique des Nations Unies.

En effet, pour satisfaire l’appétit des états, l’I.S.C avait besoin de résultats rapides en réponse aux principales problématiques des hommes.

Malheureusement pour l’organisation, l’instigateur de tous ces changements ne devait jamais voir la conclusion de son œuvre. Kyoufou GYAKUTEN devait décéder quelques mois seulement après la naissance de N.O.E, emporté par la maladie. Avant de mourir, il prit cependant soin de confier la finalisation de ses rêves à ses étudiants et collaborateurs les plus proches. Ainsi, l’I.S.C survécut à la disparation de son fondateur.

Cet évènement fut aussi l’occasion de dresser un premier bilan. Les travaux de l’I.S.C avaient permis certaines avancées notables facilitant la tâche des états dans la gestion des besoins de leurs populations. Les divisions énergies nouvelles et matériaux alternatifs avaient joué leur rôle à merveille.

Toutefois, il apparaissait de plus en plus évident que ce fragile équilibre ne pouvait pas durer.

L’Apocalypse.

Pourtant, la tâche titanesque qui avait été accomplie ne fut pas suffisante. Et malgré tous les efforts déployés, des conflits éclatèrent un peu partout à la surface du globe.

En l’espace de 7 ans seulement, la civilisation humaine s’effondra, noyée dans son propre sang.

L’apogée du conflit vit l’utilisation d’armes si terribles que la course et la surface de la planète s’en virent irrémédiablement changées.

Aux combats sanglants succéda un déchainement météorologique catastrophique. Tsunamis, ouragans, sécheresses et tornades finirent par balayer les restes pourrissants de l’humanité.

Ce n’est qu’après que les dernières bombes soient tombées que, à plusieurs kilomètres sous la surface de la terre, la véritable nature et les véritables objectifs de l’I.S.C furent révélés.

Le projet EDEN pouvait commencer.